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Big Brothers

Ils en rêvent: nous ficher tous, avoir notre pédigrée, nous épier, savoir qui on est, où on est, où on va, ce qu’on fait, ce qu’on va faire et pourquoi. C’est déjà le cas, mais ce n’est pas encore bien coordonné.
Eh bien, cela ne saurait tarder. Juste un peu de patience. D’ici cinq ans, il y aura probablement une base de données canadienne où les renseignements sur chaque citoyen seront à disposition des services de police ou d’espionnage. Il y a fort à parier qu’il y aura des tas d’organismes, à qui, pour une raison ou une autre, sera conférée la légitimité de fouiller dans votre vie privée.
C’est déjà effrayant? Ce sera PIRE. Surtout quand on sait qu’aucune base de données n’est inviolable pour tout bidouilleur futé qui veut se donner la peine de s’y intéresser. Pour certains il y a de quoi devenir paranoïaque ? Pendant ce temps certains préfèrent se jouer de la télé-réalité… Comment est-ce possible d’arriver à un tel mépris de soi-même? Vouloir à tout prix ce montrer en spectacle ? Se faire voler son identité par tout ces pervers qui épis le moindre de vos mouvements?

La nouvelle chaîne V lance présentement un appel d’offre pour participer à la nouvelle télé-réalité « BIG BROTHER », série emprunté de l’Allemagne.

Une aventure comme vous ne l’avez jamais vue au Québec

Big Brother : l’origine de toutes les téléréalités.

Pendant 63 jours, vivez une épreuve psychologique intense, des défis extrêmes.

V cherche des candidats de 18 à 88 ans de toutes les origines, de toutes les régions du Québec. Des personnalités fortes, astucieuses et tenaces.

Stratégies, alliances et émotions de taille…

C’est une entrave au célèbre Georges Orwell, de produire une série du genre. Je m’explique. D’une part, la série n’a aucune vraisemblance avec le récit du roman. Le caractère politique s’estompe pour laisser place à l’abrutissement de l’être. En ce sens, les individus qui y participeront sont volontaires et surtout conscients. Du moins, nous pouvons considérer qu’ils le sont à quelques égards. D’autre part, ce spectacle médiatisé est d’une supercherie sans merci! Tous les sujets-acteurs d’une durée de 63 jours ont recours à des règles stricte afin d’offrir les meilleurs prestations possibles, alors où se situent la réelle naïveté, voire la spontanéité de ceux qui s’offrent en spectacle?

Ce genre d’émissions envahissent nos ondes, les journaux et les magazines. Elles prennent du temps et de l’espace qui pourraient être employés à des choses bien plus utiles et moins futiles. Elles réduisent la vie à un ragot, ont pour effet de faire le vide politique, de dépolitiser. Les gens ont les yeux complètement détournés, l’attention rivée sur une banalité sans fond. Pendant ce temps, Jean Charest continue de dilapider nos acquis, un requin est premier ministre du Canada et les puissants étendent le néolibéralisme tous azimuts à travers la planète.

Il me semble que le devoir minimum d’un média est d’informer et d’éveiller les citoyens, pas de les endormir. Ensuite, on viendra accuser les gens à qui on a arraché les yeux d’être aveugles!